Corps sans tête

Corps sans tête

Après tout, qu’il n’y ait pas une tête posée sur un corps simplifie bien les choses, surtout pour le sculpteur qui n’aime pas prendre la sienne.
Alors il faut aller chercher ailleurs une expression, un signe de vie dans l’attitude des bras, des jambes, qui par leur position induisent un mouvement, une précipitation, une relation, un combat…
Sous la masse informe, globuleuse, gélatineuse, moussonneuse et cumulo-nimbeuse, qui se dissimule ? Un homme, une femme, un animal ? Est-ce que le corps n’est pas déjà là, tout de suite, en surface avec ses entrailles, ses tripes à ciel ouvert, à découvert, nu, inquiétant et morbide ?
Ou alors tout cela c’est pour les gros, les grosses, les adipeux, les soi-disant mal fichus qui démontrent là, et c’est un triomphe, qu’avec leurs membres lisses et leurs peaux claires, ils peuvent être jolis, légers, vaporeux, gais et pleins de couleur.
Ces créatures sont peut-être le stade ultime de l’humanité, cette espèce unique qui, plus tout à fait homme ou animal, complétement ravagée, a survécu en anéantissant toutes les autres espèces !

Bon, ça va comme ça !