A Propos

Les sculptures proposées par François LACOSTE sont le fruit d’un travail de création et de recherche de plusieurs années s’appuyant sur des intuitions et des interrogations personnelles.
Dans ce cheminement et dans le fait de montrer, il y a une volonté de faire partager une émotion, une réflexion sur des thèmes tels que l’architecture, le corps humain ou encore les objets usuels. Le désir affiché est d’offrir une perception originale et, si possible, déroutante de l’espace du quotidien au travers des volumes et des êtres qui y évoluent (habitat, corps et autres objets).
La perspective, dans l’élaboration d’une sculpture, est de tenter de se consacrer tout autant aux vides ménagés, qu’à la matière qui les entoure. Par l’effet de transparence et d’ajourement, se crée la possibilité de promener le regard dans et hors de l’œuvre, d’accéder à des points de vue renouvelés et de procurer ainsi un plaisir dans la découverte.
Cette recherche s’effectue en utilisant un matériau, le bois connu pour sa plasticité mais avec le désir de s’affranchir de sa présentation conventionnelle et de fait, de troubler voire d’égarer le spectateur.
 
Membre des Indépendants Plasticiens de Bordeaux –> www.independantsplasticiens33.com

 
« L’écrivain, qui jongle avec ce matériau diaphane, un peu abstrait, un peu virtuel qu’est l’écriture, est forcément subjugué, voire bluffé, par celui qui met la main à la pâte, la lourde pâte du réel, qui pétrit la glaise, cisaille la pierre, le bois ou le fer, pour ébaucher des formes à partir de l’informe, insuffler la vie à l’inerte, l’harmonie au chaos et produire, devant nos yeux étonnés, des œuvres d’une présence superbe, d’une somptueuse épaisseur, ou de menues figurines à la précieuse délicatesse. Il est fascinant de voir l’homme de main jouter ainsi avec un bloc de roche brute, un marbre, un tronc d’arbre, une ferraille, s’engager dans une sorte de combat avec l’ange, et on imagine – et on envie – sa jubilation à émerger vainqueur de l’obscure empoignade, à faire jaillir des ténèbres tant de lumière et du silence opaque de la nuit une si prenante musique.

Si bataille il y a, ce n’est certes pas, chez François Lacoste, une lutte sans merci. Au corps-à-corps, il préfère la feinte et l’esquive, et son arme est moins la force que le jeu de jambes. Il pratique, en quelque sorte, en bon musicien, l’art de la fugue. On reconnaît sa patte à la minutie ludique de ses ciselures, à la précision d’orfèvre pointilleux avec laquelle il sertit ses diamants de bois. L’agencement de ses maquettes, leur subtile architecture de volumes, d’ombres et de lueurs, leurs savants entrelacs, déploient la trame d’un labyrinthe, où Ariane ne retrouverait pas son fil. Ses lamelles, ses lanières, ont été tissées, sans doute, sur le métier de quelque fée maligne… on dirait des cordes de violon vibrant sous l’archet du virtuose.
L‘humour et le sourire habitent cet atelier. L’hôte des lieux jette un œil amusé, un brin espiègle, sur les assemblages qu’il prend plaisir à fignoler, en se moquant bien du sérieux, de la posture – qui tourne si vite à l’im-posture, comme le proclamaient très haut ses aînés de Dada, ses rebelles et futés compagnons, dont il a glané les leçons et dont il perpétue l’esprit facétieux. Témoin cette cocasse bûche en forme de sac de voyage – ou ce sac en forme de bûche, choisissez !
Malice, mais jamais dérision !… mais une immense tendresse pour son bois, une infaillible écoute. Tel le résinier la gomme des pins, il recueille la parole des arbres, des écorces et des sèves, il capte leurs plaintes, leurs émois, leur patience. A la longue, il parle couramment leur babil et chaque planche, chaque nœud du bois résonne sous ses doigts de cris d’oiseaux, de bruissements d’ailes, d’appels secrets. Il se plaît alors à égrener ce langage de volière, de brumes et de soleil, autour d’un buste de femme, qu’il étreint d’un alphabet plus chaud que la caresse. Et c’est bien la plus belle offrande qu’on puisse adresser à la femme aimée que de ceindre ses épaules d’une écharpe de murmures, de poser sur son cou ces dentelles d’indicibles paroles, cette parure de vocables où bat le cœur de la forêt. »

Henri Zalamansky.